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Entretien avec Patrick Dacquay

Sommaire

Pourquoi transmettez-vous au plus grand nombre une sagesse qui était réservée à quelques apprentis ?
L'avènement du troisième millénaire crée une accélération permettant de rendre accessible au plus grand nombre ce qui était autrefois réservé à quelques initiés. Depuis maintenant cinq ans, je transmets les enseignements de sagesse archaïque et surtout les méthodes traditionnelles de guérison que les "hommes et femmes de médecine" léguaient à leurs apprentis.
En effet, ils avaient rarement plus de trois apprentis dans leur vie. Ces derniers devaient rester aux côtés de leur enseignant pendant 15-20 ans, parfois même plus, avant de pouvoir officier.
Aujourd'hui, l'initiation chamanique, devenue universelle, permet à ceux qui en ont la détermination, de devenir guérisseurs pour eux-mêmes et donc pour les autres. Cet appel à révéler au grand jour la sagesse des anciens, se fait sentir chez tous les peuple à travers la planète.

La pratique du chamanisme n'est-elle pas trop utopique face à notre monde moderne ?
Elle n'est pas plus utopiste que penser contrôler un jour la nature avec des percées scientifiques, ou trouver une voie vers Dieu en respectant des règles de bonne conduite. Au contraire, il est essentiel que notre monde "civilisé", coupé de la nature, retrouve un équilibre grâce à la sagesse ancestrale. Les médias commencent enfin à parler du réchauffement climatique et des impacts du manque de conscience des humains. Les occidentaux se sont imposés comme maîtres du monde et ont dérapé. Nous avons pourtant déjà été un peuple premier avec une autre conception du monde. Il est essentiel et urgent de retrouver un juste équilibre entre notre modernité et le respect de notre Terre Mère.

Comment allier une sagesse ancestrale avec les modes de vie modernes de l'Occident ?
L'ère du Verseau permet d'adapter la sagesse ancienne à la réalité concrète "d'ici et maintenant". Cette nouvelle ouverture de conscience amène l'humanité à expérimenter le spirituel à travers une conception globale qui ne différencie pas la matière du divin.
Il s'agit d'intégrer sa spiritualité au quotidien, dans son pays et dans son référentiel. Nous sommes nés en ce lieu et à cette époque. Il faut donc nous incarner pleinement dans notre milieu de naissance. La quête d'authenticité ne signifie pas entrer en rupture avec nos sociétés. L'un n'empêche pas l'autre. Nous expérimentons un monde de dualité. Nous ne pouvons échapper aux paradoxes. Toutefois, en restant centré sur notre essence, nous les traversons en les appréciant, sans en devenir prisonniers ni en être dupes. Il devient alors possible d'être à la fois à l'aise dans un lit douillet tout comme dans l'herbe au milieu de la forêt. De déguster une bière fraîche et de savourer, le temps venu, les bienfaits du jeûne. D'écouter avec plaisir un film d'aventure au cinéma et ensuite, s'isoler avec joie pour une quête de visions en nature. Apprécier tout sans avoir le besoin de rien.

Le chamanisme apprend à nous mouvoir ainsi sur tous les plans sans nous faire prendre. Il vise donc à s'épanouir dans toutes les sphères de sa vie, peu importe le contexte où elle se déroule. Dans celui actuel du XXIe siècle, en France, ma fonction de chaman m'amène à me retirer en forêt pour me recueillir et m'invite aussi à retourner dans l'agitation du monde moderne pour rendre accessible au plus grand nombre la sagesse ancestrale. Un saint indien disait "Le plus sage des hommes est résolu et concentré dans sa quête spirituelle et dans son rapport avec le monde, il est universel. Il jeûne pour lui-même et avec le monde, il prend part au festin de la vie."

Pourquoi de la "découverte à l'initiation" ?
Ce parcours "de la découverte à l'initiation" à travers les trois cercles celtes, n'est en aucun cas un séminaire, encore moins une formation, ni même un travail psycho-émotionnel. C'est plutôt, un pèlerinage permettant de trouver sa propre voie vers une plus grande humanité.

Je partage sans réserve " tout ce que je sais". L'expérience des multiples groupes me permet d'affirmer que peu importe l'itinéraire du participant, ce qui compte, est la détermination et le réel engagement qu'il met dans sa volonté d'avancer. C'est d'ailleurs pour cette raison que les trois cercles s'expérimentent de manière successive. La " découverte " du premier cercle, Abred, est une expérience transformatrice intense et touche principalement les aspects du chamanisme en lien avec le quotidien du monde matériel. Il libère les blocages et donne les outils permettant de vivre pleinement sa vie dans l'abondance afin de trouver "sa voie". Le deuxième cercle, Keugant, est celui de "l'initiation". Il touche, en effet, toutes les transmissions du chaman à l'apprenti. Il va beaucoup plus en profondeur et demande d'être bien centré et ancré dans son incarnation. Aussi, rien ne sert d'accéder à Keugant, si notre quotidien est chaotique. Ce serait une fuite d'un mal être dans l'incarnation vers un monde "invisible" et pourrait même être nuisible. C'est pourquoi cette initiation n'est réservée qu'à ceux qui auront pleinement assimilé Abred. Finalement, les personnes qui ont une véritable soif spirituelle parviendront au dernier cercle Gwenved.

L'apprentissage du chamanisme est-il dangereux ?
Cet apprentissage est possible grâce au cadre protégé formé par l'égrégore du groupe et ma présence constante. Il ne représente donc aucun danger. Chaque cercle constitue un "pallier", seuls ceux qui se sentent prêts à poursuivre accèdent au suivant. Ainsi, chacun progresse à son rythme et selon ce qu'il peut assimiler. La transmission des trois cercles se fait dans un respect humain, des animaux et de tous les règnes de la Terre.

A qui le chamanisme ancestral celte s'adresse-t-il ?
Le chamanisme celte s'adresse à toute personne aspirant à l'éveil de tout son être. Il est ouvert à tous ceux qui sont convaincus que la voie du cœur et l'acceptation de l'incarnation permettent la guérison de l'âme. Il concerne ceux ne souhaitant pas s'embrigader dans une religion, une association ou un système. Celui qui pratique le chamanisme ancestral préfère la recherche de soi basée sur l'expérience personnelle.
En tant que chaman celte, je sers de guide à celui qui s'engage dans une démarche sincère. Tout comme un guide de montagne qui montre le chemin pour éviter les crevasses, mon expérience permet d'offrir des points de repères pour faciliter le cheminement de l'apprenti. Toutefois, seules l'énergie et la détermination du marcheur le mèneront au sommet de la montagne.

Toute démarche spirituelle ne devrait-elle pas être gratuite ?
C'est ce qu'ont toujours affirmé les religions. Toutefois, comment se fait-il qu'elles soient aussi riches ? La santé en France est soi disant gratuite. En réalité, elle coûte une véritable petite fortune à chaque contribuable français. Dans le meilleur des mondes, tout devrait être gratuit et accessible à tous, surtout la nourriture qui est un besoin fondamental. La nature et les animaux ne devraient pas pouvoir "s'acheter". Hors, dans ce monde moderne tout "coûte" quelque chose. L'argent n'est qu'une énergie parmi tant d'autres. Ce n'est pas lui qui "pourrit" le monde. C'est la notion d'échange égalitaire qui est mal assimilée. En chamanisme, l'échange égalitaire est un fondement de base afin que personne ne puisse prendre pouvoir sur un autre "tu ne me dois rien, je ne te dois rien". Aussi, chez les peuples qui n'utilisent pas "l'argent", on échange un soin contre une poule, des céréales, ou autre forme de troc.

La complexité du rapport à l'argent reste très présente dans nos sociétés où la "pénurie chrétienne" plane toujours dans l'inconscient collectif. Nous restons particulièrement réactifs à tout ce qui touche le " spirituel " et l'argent. Plusieurs sont prêts à investir des sommes considérables pour tout ce qui leur est extérieur : portable, voiture, coiffeur, vêtements, rénovations, etc. Mais pour améliorer ce qui est essentiel, leur bien être intérieur, alors là, pas question de verser un sou ! Dans le spirituel, il est vrai que certains prennent pouvoir sur les gens crédules en demandant des sommes astronomiques ; d'autres sous le couvert du "tout gratuit" soutirent de l'argent indirectement sous forme de dons, abonnements, ou autres ; et puis, il y a ceux qui font véritablement tout gratuit et se maintiennent dans une pénurie qui n'est pas juste. Ils se font "pomper" leur énergie par des gens qui viennent en "touristes" mais ne souhaitent aucunement s'impliquer. Evidemment, ces descriptions sont un peu caricaturales mais reste néanmoins qu'elles reflètent l'essentiel des comportements que j'ai pu côtoyer au fil des ans. Il reste des exceptions, cela va de soi.

La notion d'échange égalitaire reste bien difficile à intégrer de façon concrète. En ce qui me concerne, je vis en France et m'adapte donc au fonctionnement de cette société (que je le trouve juste ou pas relève d'une autre question). Je suis donc déclaré "guérisseur" et en tant que profession libérale, 70 % des sommes que je demande pour mes services vont directement à l'Etat (tva, taxe professionnelle, organic, ursaff, ram, impôts, etc). Le reste me permet de couvrir mes frais de transports et d'organisation, et de vivre décemment. J'ai expérimenté différentes formes d'échanges, celle-ci me semble la plus juste et adaptée au contexte actuel. Mais attention : aucun investissement financier qu'il soit pour du matériel ou du spirituel ne doit mettre en péril son budget personnel ou celui de sa famille. Tout, dans la vie, est une question de priorités, de choix et d'équilibre.

Que votre choix, soit celui de l'ouverture et de l'expérimentation des mondes inconnus, en toutes circonstances. C'est ainsi que vous trouverez les réponses à vos questions.

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