Bien sûr, certains auteurs anciens possédaient une réelle admiration pour les Druides, tel Diogène Laërte (troisième siècle ap. J.-C.) citant Aristote (quatrième siècle av. J.-C.) qui enseignait que la philosophie avait commencé chez les Semnothés des Celtes. Semnothés est le nom par lequel on désignait les Druides anciens. Il signifie « adorateur de Dieu ». D’autres auteurs anciens, tels Polyhistor (premier siècle av. J.-C.) et Valère Maxime de la même époque, permettent d’attribuer aux Druides l’initiation de Pythagore qui considérait les prêtres des Gaulois comme les plus éclairés des mortels et l’on sait que dans l’Université qu’il avait ouverte à Samos, deux Druides Gaulois enseignaient. Malgré ses éloges, nos Ancêtres Celtes devinrent rapidement de dangereux Barbares aux yeux du monde Gréco-Romain, suite à leurs incursions destructives. En effet, ils occupèrent Rome en 390 av. J.-C. Ils assiégèrent la ville de Delphes en 270 av. J.-C. après avoir opéré une razzia en Grèce. Ils poursuivirent leurs incursions guerrières jusqu’en Asie mineure où ils fondèrent un royaume Celtique « les Galates » (au milieu de la Turquie actuelle), qui durera quatre cents ans. Ces gentils étrangers d’antan étaient devenus de dangereux Barbares. Même Platon (427-347 av. J.-C.) les désigne comme « …des ivrognes et des belliqueux ». Cette image négative allait perdurer. Les stoïciens ne les portaient pas en haute estime. Leurs écrits forgeront une réputation injuste de « primaires mal-léchés » et cela jusqu’à Jules-César qui reprendra tous ces ragots pour justifier ses conquêtes guerrières et politiques.

Dans le monde sophistiqué Gréco-Romain, la photographie caricaturale du Celte était celle d’un vantard sauvage exalté, certes brave, mais se décourageant rapidement. Ces préjugés étaient nourris par les us et coutumes traditionnels des « pseudo-primates arriérés » qui heurtaient la société policée Gréco-Romaine. Les Celtes, « …passionnés et spontanés », avaient une relation directe avec la Nature et leurs Dieux. Leurs valeurs arc-boutées sur des concepts égalitaires heurtaient les sociétés éduquées qui étaient bâties, quant à elles, sur des lois qui hiérarchisaient chaque fonctionnement du quotidien. La raison était triomphante.

Nous l’avons vu, deux visions du Monde étaient en confrontation : celle d’une société construite sur l’ordre et le mental et l’autre sur des valeurs Ancestrales Chamaniques. La première, disciplinée et rationaliste, et la seconde, anarchique et impétueuse (du point de vue de l’Empire), celle de nos Ancêtres.

Les Grecs et les Romains vont être également choqués par l’attitude des Celtes envers les femmes. La Déesse-Mère est au centre des valeurs de ces derniers. La structure sociale est matriarcale. Les femmes Celtes jouissaient de plus de pouvoirs que leurs homologues Grecques et Romaines. Elles commandaient dans les batailles et combattaient au côté de leurs hommes. Elles avaient des droits personnels de propriété, ce qui était, pour les Romains, une marque de barbarie.

Revenons à l’implantation géographique des Celtes. L’idée qu’une déferlante Celtique avait peuplé l’Europe, n’est plus d’actualité chez les chercheurs. Il semble acquis que des petits groupes de guerriers ont migré apportant avec eux leur culture. Les fouilles archéologiques de Hallstatt en Autriche et de Neuchâtel en Suisse sont les preuves scientifiques les plus anciennes de cette mythique culture, en 700 av. J.-C. Elles prouvent que les Celtes commerçaient avec les peuples Méditerranéens et Orientaux, on trouve ainsi des traces Celtiques en Chine et au Mexique. Les recherches archéologiques ont confirmé que cette société est « …raffinée,